Grégoire Kueny
Professeur agrégé Education physique et sportive. Ancien instituteur
Auteur de "La famille est l'avenir de l'école" (F.X.Guibert 2000)
Depuis le 26-02-2005 :
59612 visiteurs
Depuis le début du mois :
630 visiteurs
Billets :
92 billets
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | |||||
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
| 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 |
| 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 |
| 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 |
| 31 |
A chaque rentrée le même sujet revient sur le tapis.
Le Monde du 5 septembre titre : "Les capacités financières des étudiants se sont fortement dégradées ." On peut lire dans l'article : "L'UNEF, le principal syndicat étudiant, décrit une "situation sociale de plus en plus difficile" . Il devait rendre publique, lundi 5 septembre, une étude décrivant la "précarisation accrue" du monde étudiant." Je ne nie pas cette dégradation. Derrière ces affirmations se cache en fait la volonté de revendiquer les études gratuites pour tous. Il me semble important de réfléchir à cette question et de bien poser le problème.
Est-il souhaitable que toute personne qui possède le Bac puisse faire des études, aussi longtemps qu'il le souhaite et sans obligation de réussite? L'enseignement supérieur a un coût pour le contribuable. Il est en droit d'exiger que son argent soit bien utilisé. Il serait donc normal que l'on exige un certain degré de réussite. Il ne me paraît pas souhaitable de permettre à des étudiants de poursuivre des études sans fournir les efforts nécessaires pour réussir ou sans avoir les capacités de les poursuivre avec succès. Ce qui n'exclut pas que chacun puisse avancer à son rythme, et mette un peu plus de temps pour effectuer son parcours universitaire. Plutôt que d'imposer un "numerus clausus", ou un concours d'accès, on pourrait exiger des étudiants qu'il obtiennent leur première année en deux ans maximum et s'ils changent de voie en une année.
Concernant le coût des études, certaines associations revendiquent la gratuité totale des études (logement, inscription, ouvrages, nourriture?...). Est-ce souhaitable? Deux de mes enfants ont fini leurs études. Un troisième passe en quatrième année. Les trois ont effectué leur scolarité supérieure dans le privé (surcoût) et dans le public. J'ai jusqu'à cette année bénéficié de bourses universitaires. Pour payer leurs logements et leurs études, ils ont tous travaillé (pendant l'année ou les vacances scolaires). Ils étaient libres d'organiser leur temps et leurs activités comme ils l'entendaient. La seule chose que j'exigeai c'est qu'ils réussissent leur année et qu'ils fournissent pour cela le travail nécessaire. Ils savaient que s'ils échouaient, par manque de travail ou de sérieux, j'arrêterai de financer leurs études. Hormis la chambre, qu'ils se paient, je leur donne 5 euros par jour pour la nourriture. Les loisirs sont à leur charge.
Revenons à des considérations plus générales. Je considère normal qu'un étudiant travaille pour financer ses études. Cela ne doit évidemment pas l'empêcher de réaliser son travail universitaire. Par contre cela ne me paraît pas concevable en classes préparatoires aux grandes écoles ou la charge de travail demandée est incompatible avec un autre travail. Concernant les conditions de logement, cela ne me choque pas qu'elles soient rudimentaires(Je dis bien rudimentaires et non indécentes). Au contraire cela peut constituer une motivation supplémentaire pour réussir.
Concrètement pour les personnes ayant des revenus modestes le montant des bourses sur critères sociaux s'élevaient en 2003-2004 à 3501 euros par an. Le bénéficiaire ne paie pas de droit universitaire et l'affilaition à la sécurité sociale étudiante est gratuite. L'étudiant peut bénéficier en plus de l'Allocation logement.
Sur 10 mois cela fait 350 euros par mois. Supposons qu'il reste à la charge de l'étudiant 150 euros de loyer (Allocation logement déduite), il lui reste 200 euros. 130 euros en moyenne pour la nourriture, il reste à l'étudiant 70 euros. S'il exerce une activité saisonnière ou annuelle cela lui permet de subvenir à ses besoins sans aide (ou minime) de la part de ses parents.
Le problème se pose par contre pour le "français moyen" qui ne bénéficie d'aucune aide. Il serait peut-être judicieux de réfléchir au versement des allocations familliales. Elles sont moins utiles lorsque l'enfant est en bas âge mais très utiles lorsque celui-ci commence ses études.
Je vous remercie par avance pour vos réflexions, vos suggestions et vos témoignages constructifs.
Publié par gregoirekueny à 18:28:25 dans Capacité financière des étudiants | Commentaires (2) | Permaliens
1|