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L'auteur

Grégoire Kueny

Professeur agrégé Education physique et sportive. Ancien instituteur

Auteur de "La famille est l'avenir de l'école"                                (F.X.Guibert 2000)


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Etudes gratuites et automatiques? | 05 septembre 2005

A chaque rentrée le même sujet revient sur le tapis.

Le Monde du 5 septembre titre : "Les capacités financières des étudiants se sont fortement dégradées ."  On peut lire dans l'article : "L'UNEF, le principal syndicat étudiant, décrit une "situation sociale de plus en plus difficile" . Il devait rendre publique, lundi 5 septembre, une étude décrivant la "précarisation accrue" du monde étudiant."  Je ne nie pas cette dégradation. Derrière ces affirmations se cache en fait la volonté de revendiquer  les études gratuites pour tous. Il me semble important de réfléchir à cette question et de bien poser le problème.

Est-il souhaitable que toute personne qui possède le Bac puisse faire des études, aussi longtemps qu'il le souhaite et sans obligation de réussite?                                                                                      L'enseignement supérieur a un coût pour le contribuable. Il est en droit d'exiger que son argent soit bien utilisé. Il serait donc normal que l'on exige un certain degré de réussite. Il ne me paraît pas souhaitable de permettre à des étudiants de poursuivre des études sans fournir les efforts nécessaires pour réussir ou sans avoir les capacités de les poursuivre avec succès. Ce qui n'exclut pas que chacun puisse avancer à son rythme, et mette un peu plus de temps pour effectuer son parcours universitaire. Plutôt que d'imposer un "numerus clausus", ou un concours d'accès, on pourrait exiger des étudiants qu'il obtiennent leur première année en deux ans maximum et s'ils changent de voie en une année.

Concernant le coût des études, certaines associations revendiquent la gratuité totale des études (logement, inscription, ouvrages, nourriture?...). Est-ce souhaitable? Deux de mes enfants ont fini leurs études. Un troisième passe en quatrième année. Les trois ont effectué leur scolarité supérieure dans le privé (surcoût) et dans le public. J'ai jusqu'à cette année bénéficié de bourses universitaires. Pour payer leurs logements et leurs études, ils ont tous travaillé (pendant l'année ou les vacances scolaires). Ils étaient libres d'organiser leur temps et leurs activités comme ils l'entendaient. La seule chose que  j'exigeai c'est qu'ils réussissent leur année et qu'ils fournissent pour cela le travail nécessaire. Ils savaient que s'ils échouaient, par manque de travail ou de sérieux, j'arrêterai de financer leurs études. Hormis la chambre, qu'ils se paient, je leur donne 5 euros par jour pour la nourriture. Les loisirs sont à leur charge.

Revenons à des considérations plus générales. Je considère normal qu'un étudiant travaille pour financer ses études. Cela ne doit évidemment pas l'empêcher de réaliser son travail universitaire. Par contre cela ne me paraît pas concevable en classes préparatoires aux grandes écoles ou la charge de travail demandée est incompatible avec un autre travail. Concernant les conditions de logement, cela ne me choque pas qu'elles soient rudimentaires(Je dis bien rudimentaires et non indécentes). Au contraire cela peut constituer une motivation supplémentaire pour réussir.

Concrètement pour les personnes ayant des revenus modestes le montant des bourses sur critères sociaux s'élevaient en 2003-2004 à 3501 euros par an. Le bénéficiaire ne paie pas de droit universitaire et l'affilaition à la sécurité sociale étudiante est gratuite. L'étudiant peut bénéficier en plus de l'Allocation logement.

Sur 10 mois cela fait 350 euros par mois. Supposons qu'il reste à la charge de l'étudiant 150 euros de loyer (Allocation logement déduite), il lui reste 200 euros. 130 euros en moyenne pour la nourriture, il reste à l'étudiant 70 euros. S'il exerce une activité saisonnière ou annuelle cela lui permet de subvenir à ses besoins sans aide (ou minime) de la part de ses parents.

Le problème se pose par contre pour le "français moyen" qui ne bénéficie d'aucune aide. Il serait peut-être judicieux de réfléchir au versement des allocations familliales. Elles sont moins utiles lorsque l'enfant est en bas âge mais très utiles lorsque celui-ci commence ses études.

Je vous remercie par avance pour vos réflexions, vos suggestions et vos témoignages constructifs.

Publié par gregoirekueny à 18:28:25 dans Capacité financière des étudiants | Commentaires (2) |

Exemple de désinformation | 04 septembre 2005

Je profite de l'actualité pour insister sur la désinformation quotidienne que nous subissons. Un exemple parmi d'autres.

On peut lire sur voila.fr : "Dominique de villepin dédramatise l'état de santé de Jacques Chirac". Cette manière de présenter les choses n'est pas neutre. Elle sous-entend que Dominique de Villepin nous ment alors que nous n'en savons rien.

Une information consisterait à dire : Dominique de villepin déclare que l'accident vasculaire de Jacques Chirac est sans gravité.

Ce qui n'empêcherait pas les journalistes de se poser la question de savoir si son état n'est pas plus grave qu'on veut bien le dire.

Pour en savoir plus et adopter une attitude critique vis-à-vis des médias lire "La désinformation par les mots " de Maurice Pergnier aux éditions du Rocher.

Publié par gregoirekueny à 20:17:58 dans Désinformation | Commentaires (0) |

Littérature et ....... école! | 03 septembre 2005

Je viens de découvrir Richard Millet auteur de "Harcèlement littéraire" qui défend des idées justes et que je partage.

Il explique dans une interview (Nouvel Obs.) que : "La réduction, la simplification conduisent à une pauvreté linguistique, très dangereuse sur le plan politique. Les régimes totalitaires se sont particulièrement occupés de la langue. Toute langue propose une vision du monde. Plus elle se simplifie, plus la vision est pauvre: les moutons ne parlent pas...".

A la question : "Le français classique, c'est fini? " Il répond :
"Oui, tué par l'école, la radio, la télévision, le capi-talisme. L'enseignement, par exemple. La littérature n'a plus valeur de référence. Les enfants, du reste, ne lisent plus, ou très peu. On me dit qu'ils lisent «Harry Potter». Peut-être, mais que lisent-ils d'autre? «Harry Potter» est un produit dérivé, pas un livre. "

Lorsqu'il souligne que la littérature n'a plus valeur de référence il voit très juste. C'est effectivement ce qui se passe en majorité dans les classes. Tous les auteurs sont mis sur le même plan.

Dans un interview à l'Express il précise :

"La langue bascule dans l'inconnu, l'enseignement ne remplit plus son rôle. On est dans l'ère de la non-transmission, dans l'ère du faux. A quelques exceptions près, ce qui se publie aujourd'hui n'est que de la fausse monnaie. Or jamais on ne l'a autant prise pour de la vraie. L'inflation de livres est une dérive démocratique où s'installe dans l'esprit des gens l'idée que chacun peut écrire et même doit écrire."

Et glané ailleurs sur  Houellebecq il lâche ces mots :

"Chez Michel Houellebecq, malgré les solécismes, le relâchement de la langue, dont on peut d'ailleurs se demander s'ils ne sont pas recherchés, quelque chose se joue là, de façon symbolique, plus que dans l'intrigue : une misère de langue révélatrice de la misère sexuelle contemporaine qui est, n'est-ce pas, une chose considérable, reflet de l'échec moral d'une civilisation."

Je vais lire cet ouvrage d'un homme qui va à contre-courant et qui a raison car comme le dit un proverbe africain : "Quand tous les gens vont dans le sens du courant, ça fait rire les crocodiles: ils n'ont qu'à ouvrir la gueule!".

Mais ne restons pas sur une note négative car nous pouvons faire découvrir à nos enfants la littérature française, celle qui a traversé les siècles ou qui les traversera. Celle que définit l'auteur par ces mots:

"Un écrivain, un vrai, met sa vie en jeu au sens où il n'existerait plus s'il n'écrivait pas. Sa quête est presque spirituelle. On est loin des questions de charme! Sagan, Gavalda et leurs avatars nothombesques sont de la sous-littérature. Ça n'existe pas comparé aux authentiques écrivains. Il n'y a pas deux types de littératures. Il y a la littérature - qui se réduit à quelques noms par siècle - et puis le reste. Le roman est devenu un instrument de promotion sociale comme le rap dans les banlieues! "

Publié par gregoirekueny à 10:14:42 dans Littérature | Commentaires (0) |

Le scandale des emplois non pourvus | 02 septembre 2005

Je livre à votre réflexion un excellent article paru dans le magazine Valeurs actuelles. (Quelques réflexions fort justes concernent l'école)

"Valeurs Actuelles n° 3587 paru le 26 Août 2005

Économie

Le scandale des emplois non pourvus

Comment la France arrive-t-elle à la fois à compter 2,6 millions de chômeurs et 500 000 offres d'emploi non satisfaites ? Enquête sur un gâchis monumental.
Alors que le chômage touche plus de 2,5 millions de personnes, 500 000 offres d'emploi ne trouvent pas preneur, déplorait Dominique de Villepin le 8 juin dernier dans sa déclaration de politique générale. L'ANPE parle, pour sa part, de 185 000 emplois non pourvus. L'enquête 2005 -Besoins en main-d'œuvre-, réalisée par le Credoc pour le compte de l'Unedic dans 370 bassins d'emplois, fait état de près de 1,2 million de projets d'embauche déclarés par les employeurs. Les organismes spécialisés dans la recherche de l'emploi ont mis du temps à analyser de près cette réalité paradoxale.
Bien des artisans, des restaurateurs ou encore des entreprises du bâtiment se disent prêts à embaucher. Ce n'est pas pour autant qu'ils le font. Pour justifier leur attentisme, ils invoquent, pêle-mêle, le manque de croissance, les charges qui absorbent presque tout le salaire, la paperasse dévoreuse de temps et la crainte que la personne recrutée, une fois dans la place, ne puisse être licenciée si elle ne fait pas l'affaire.
Parmi les métiers les plus recherchés, les serveurs et maîtres d'hôtel, les chauffeurs routiers, les agents d'entretien, les ouvriers qualifiés des travaux publics ou de la mécanique, les maçons, les aides-soignants, les cuisiniers ainsi que les employés de maison. Sans parler des agriculteurs.
« Tout le monde peut être agriculteur », affirme Christophe Maginot, vice-président des Jeunes agriculteurs, inquiet de la disparition des exploitations, faute de repreneur. Si 70 % des jeunes qui s'installent succèdent encore à leurs parents, l'entrée en retraite de la génération du baby-boom incite les exploitants à chercher des entrepreneurs venus d'autres horizons.
Selon Alain Griset, président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM), porte-parole auprès des pouvoirs publics des 880 000 entreprises artisanales, il y aurait 300 000 emplois à saisir dans les petites entreprises. François Moutot, directeur général de la même organisation, souligne que le départ en retraite de nombreux artisans  la moitié d'entre eux au cours des dix prochaines années  offre en théorie de nombreuses possibilités.
Dans le bâtiment, grâce à la forte croissance observée depuis cinq ans, 65 000 personnes qualifiées sont recrutées chaque année pour le renouvellement naturel des effectifs, auxquelles s'ajoutent 20 000 embauches nettes, un chiffre très insuffisant.
La palette des métiers en manque de bras est si large que tous les chômeurs devraient y trouver leur compte. Il n'en est rien.

La France cultive l'assistance et des dispositifs "parking".

En cause, l'inefficacité des services de l'emploi. L'institut de recherche Ifrap s'étonne dans une récente étude du résultat décevant de la lutte contre le chômage des jeunes. Malgré un budget public 3,5 fois supérieur à celui des Britanniques, la France comptait, en 2004, 345 000 chômeurs pour la tranche des 20-24 ans. Ils étaient 221 000 outre- Manche. Là où nos voisins mettent l'accent sur la création d'emploi et la fluidité du marché du travail, la France cultive l'assistance et des dispositifs dits "parking", les stages et les contrats d'insertion dont l'aboutissement est à l'opposé du but recherché : l'augmentation du chômage des jeunes.
« Quand on regarde comment les personnes privées d'emploi vivent les premiers mois de chômage, on constate une grande passivité », confiait pour sa part Jean-Pierre Revoil, directeur général de l'Unedic.
Sur le terrain, certains fonctionnaires ont pourtant su améliorer cette mauvaise performance. Christian Leroy, directeur des ressources humaines chez Agapes Restauration (12 000 collaborateurs avec les marques Flunch, Amarine, Pizza Paï...), éprouve depuis longtemps des difficultés non pas tant à recruter mais à conserver ses employés. Il a signé un accord de partenariat avec les agences locales de l'ANPE dont l'efficacité s'est immédiatement vérifiée. « Le turn-over chez nos employés est passé de 100 à 40 %. Le dialogue avec l'ANPE a permis une meilleure qualité de recrutement et, de notre côté, nous avons amélioré la formation. »
Deuxième difficulté : le manque de formation. Là encore, la comparaison avec nos voisins européens laisse songeur. « Il est cinq fois plus difficile pour les jeunes Français de 15 à 24 ans de sortir du chômage après un mois que pour un jeune Danois », explique l'Ifrap à propos du plan Borloo. L'organisme précise que, pour les chômeurs sans qualification, la situation est encore plus frappante : « Un Français sans qualification a vingt-quatre fois plus de “chance” d'être au chômage qu'un Danois. »
Pourtant, l'apprentissage a fait des progrès. « Nous n'avons jamais eu autant de jeunes en formation », constate Jean Michelin, responsable de la formation au sein de la Fédération française du bâtiment (FFB). Pour obtenir un tel résultat, il a fallu mettre dans le coup l'ANPE, les Assedic et tous les services officiels consacrés à l'emploi comme l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Plus important encore, faire admettre aux entrepreneurs que la seule affiche “cherche maçon qualifié” collée au camion ne suffisait pas.
Car la première difficulté provient de la méconnaissance des jeunes de ces métiers et du fossé qui s'est creusé entre eux et les entrepreneurs. « Il ne faut pas attendre que les jeunes viennent à nous. Au contraire, c'est nous qui devons aller à leur rencontre », confirme François Moutot à l'ACPM. Le slogan "80 % de bacheliers" a fait des ravages auprès des collégiens comme de leurs parents. La plupart ne conçoivent pas d'avenir possible sans un baccalauréat et se désintéressent des filières courtes. Quant aux employeurs, ils ont aussi besoin de changer de style.
La pédagogie "du coup de pied au cul" ne marche plus auprès de ces jeunes, de bonne volonté pour la plupart, mais qui ne savent littéralement rien faire de leurs dix doigts, car l'Éducation nationale a encore peu de considération pour les activités manuelles.
« C'est un long travail d'approche. Le paternalisme d'autrefois n'opère plus non plus car l'exemplarité n'est pas ce qui frappe les jeunes. Ceux qui sont fascinés par la Ferme ou l'Île de la tentation ont du mal à aborder les choses simples de la vie de tous les jours », confie un enseignant de la filière professionnelle. Se lever le matin, ne pas envoyer promener le client à la première difficulté, respecter la hiérarchie sont des attitudes parfois difficiles à acquérir.

Sortir du carcan administratif.

Il faut aussi surmonter un certain nombre de préjugés.
“Ce sont des métiers sales, mal payés, où les horaires ne sont pas respectés”, entend-on couramment à propos des restaurateurs ou des artisans.
« Les jeunes que je rencontre sont agréablement surpris qu'un employé carreleur débutant gagne nettement plus que le smic. Et s'il travaille bien par la suite, il peut gagner sa vie très honorablement », explique François Moutot.
Les 35 heures sont appliquées dans ces métiers comme dans les banques ou les grands groupes industriels. Même l'hôtellerie et la restauration, souvent montrées du doigt, ont allégé leurs contraintes. Christian Recoing, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), syndicat patronal qui représente l'hôtellerie, la restauration, les cafés, bars et discothèques, met en avant les dernières évolutions de la convention collective. Une sixième semaine de congés payés, trente-neuf heures hebdomadaires au lieu de quarante-deux ont été accordées aux salariés de cette filière. Il n'empêche, le métier est difficile. Trente-neuf heures ne sont pas trente-cinq heures et les jeunes serveurs se plaignent de travailler tard le soir ou le week-end quand les camarades de leur âge s'amusent.
Pour les convaincre, Christian Leroy (Agapes) insiste sur les possibilités de carrière trop souvent ignorées. Un employé motivé et entreprenant peut faire carrière. À l'en croire, c'est juste le premier pas dans l'entreprise qui coûte car, par la suite, Agapes n'a aucune difficulté à conserver ses cadres.
Jean Michelin, de la FFB, souhaite une simplification des formations au lieu du carcan pédagogique et administratif trop souvent proposé à des chômeurs qui ont déjà une longue expérience professionnelle et qui n'y comprennent rien. Le langage de ces parcours professionnalisants est incompréhensible et leur contenu déconnecté des réalités.
« Dans l'Aube, raconte-t-il, mes collègues ont recruté des femmes autrefois employées dans le textile, en proposant des formations courtes, pratiques, qui mettent rapidement en valeur les personnes. Ces femmes veulent simplement gagner leur vie. Leurs obligations familiales ne leur permettent pas de passer des heures et des heures en formation. Il faut du pratique et de l'efficace. Elles sont contentes quand le monde du travail les reconnaît rapidement. »
Jean-François Bernardin, président de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, auteur du rapport "Emploi : les contresens français", s'insurge contre les préjugés et l'idée que seuls les services créent encore des emplois. L'industrie nécessite moins de main-d'œuvre qu'autrefois mais a besoin de renouveler ses effectifs, de rajeunir la pyramide des âges. Elle crée aussi indirectement des emplois par les services qu'elle consomme et les nouvelles technologies qu'elle diffuse.
Il engage donc les jeunes à ne pas exclure a priori des filières qui les intéressent sous prétexte qu'elles seraient bouchées.
Les restaurateurs et les hôteliers estiment que les pouvoirs publics doivent faire leur part d'effort. « 70 000 emplois manquent. Ils pourraient être pourvus grâce à la baisse de la TVA », calcule André Daguin, président confédéral de l'UMIH et ancien président de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière. « Le même secteur emploie deux fois plus de monde en Grande-Bretagne et en Allemagne ! », s'étonne-t-il régulièrement auprès des ministres concernés.
Les artisans, qui représentent 30 % des entreprises françaises, demandent également à l'État de faciliter les démarches de l'entrepreneur. « Un artisan qui emploie deux ou trois ouvriers ne se décide pas facilement à prendre une personne supplémentaire, même s'il ne sait plus où donner de la tête. Si sa nouvelle recrue ne fait pas l'affaire, il lui en coûte tellement cher de la débaucher qu'il préfère payer des heures supplémentaires à ceux qui sont déjà en place et travailler lui-même un peu plus tard », explique l'un d'eux.
Autrement dit, c'est parce qu'il ne peut pas facilement débaucher que l'artisan n'embauche pas. Les Danois l'ont bien compris. En accordant aux employeurs une liberté quasi totale de licencier, ils ont réussi à diminuer le chômage de 60 % entre 1993 et 1999. Après un préavis d'une durée moyenne de deux à trois semaines, l'employeur ne paie aucune indemnité pour les salariés de moins de douze ans d'ancienneté, un mois seulement entre douze et quinze, deux mois entre quinze et dix-huit et trois mois au-delà.
Le contrat de nouvelle embauche, accessible depuis le 4 août dernier aux entreprises de vingt salariés au plus, s'inspire de cette expérience. Pendant une période de deux ans dite de "consolidation", le salarié comme l'employeur peuvent se séparer sans donner de motif. « Il ajoute de la flexibilité, c'est ce qui nous manque quand nous n'avons aucune visibilité sur l'évolution de notre activité », explique un hôtelier. D'après Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes, 2,5 millions d'entreprises seraient concernées dont 1,5 million n'emploient aujourd'hui aucun salarié.
Pour garder un bon ouvrier, il faut aussi lui proposer des augmentations de salaire. Pour que cette dernière revienne au salarié et ne parte pas en charges, plusieurs artisans proposent une forfaitisation des charges plutôt que des charges proportionnelles au salaire.
Autre frein à l'embauche, la lourdeur des formalités administratives. L'artisan constate qu'il passe déjà le tiers de son temps à faire les factures, les feuilles de paie, la comptabilité et les diverses déclarations réglementaires. Il est naturellement rebuté à l'idée des contraintes paperassières d'une nouvelle embauche. Le chèque emploi-service répond en partie à cette préoccupation.
Mais l'ampleur de l'inadaptation de l'offre et de la demande sur le marché du travail traduit un phénomène culturel qui ne trouvera pas sa solution dans quelque remède miracle mais dans une mobilisation générale du pays qui passe par une réhabilitation du travail. " (Marie-Thérèse Ferracci)

Publié par gregoirekueny à 10:28:10 dans Emploi | Commentaires (0) |

Déclaration de Laurence Parisot | 01 septembre 2005

Laurence Parisot, présidente du Medef, aurait déclarée (Le Point sept 2005):

"Beaucoup de choses dans la vie sont précaires. La santé c'est précaire. L'amour, c'est précaire. La vie d'une entreprise, c'est précaire. Le travail peut avoir une forme de précarité."

C'est le genre de déclaration que l'on prononce s'en vraiment y réfléchir ou alors elle est révélatrice.

L'amour, ce n'est pas précaire, car aimer est une affaire de volonté ou de décision. Car une fois passé le coup de foudre, ou dissipé le voile qui masquait la réalité de mon conjoint en l'idéalisant, si je veux continuer à aimer l'autre je dois décider de l'aimer.

Le véritable amour associe raison et sentiments. Comme le dit Gary Chapman "il implique un acte volontaire, exige de la discipline et reconnaît la nécessité du progrès personnel".

Publié par gregoirekueny à 16:52:04 dans Amour précaire | Commentaires (0) |

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