Grégoire Kueny
Professeur agrégé Education physique et sportive. Ancien instituteur
Auteur de "La famille est l'avenir de l'école" (F.X.Guibert 2000)
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Comment protéger efficacement nos enfants des dangers d'internet? Le moyen le plus efficace semble être la vigilance des parents. Il paraît indispensable que les parents se forment à l'usage d'internet (Il serait judicieux de la part du gouvernement de proposer un site de formation pour les parents ). Même s'ils ne sont pas efficaces à 100%, il est nécessaire de placer des filtres. Les enfants ne devraient jamais surfer seul sur internet. Internet ne me semble pas indispensable, ni très utile pour des enfants de moins de 14 ans. Communiquez avec vos enfants et adolescents, et rendez les attentifs aux dangers de cet outil. Demandez leur de ne jamais divulguer d'informations personnelles sans votre autorisation. Installez l'ordinateur dans un endroit de passage de la maison et non dans leur chambre. Rappelez leur que ces conseils s'appliquent également à l'extérieur de la maison.
Il faut que les adolescents prennent conscience que n'importe qui peut faire quasiment n'importe quoi, et dire tout ce qu'il veut sur internet. Il est difficile de vérifier l'honnêteté et la véracité des informations qui circulent sur internet. Il s'agit donc d'être très vigilant et d'exercer son esprit critique. De bonnes relations familiales et un dialogue riche et fréquent constituent une excellente protection. Je dis toujours à mes enfants, que j'ai comme adulte du mal, à faire la part du vrai et du faux, et que je peux également me faire piéger (sites pirates, désinformation, fausses informations etc.) Une solide formation morale et intellectuelle est nécessaire. Elle s'acquiert ailleurs que sur internet. Internet n'est qu'un outil.
Cette action de prévention est asolument nécessaire. Je ne laisse pas mes enfants dans la rue la nuit, de même je ne les laisse pas surfer seul sur internet avant 14, 15 ans, les règles et les recommandations ayant été transmises. Mais cela n'empêche pas de poursuivre notre réflexion sur les contenus proposés sur internet.Nos sociétés modernes, sous prétexte de liberté d'expression, tolèrent quasiment tout. Chaque fois que l'on veut interdire quelque chose, on se pose la question de la restriction de la liberté. Je crois que notre conception de la liberté est faussée. Etre libre ce n'est pas choisir le bien ou le mal, c'est choisir le bien ou ce qui est bon pour l'homme.
Il faudrait nous poser certaines questions urgentes. Le garde des sceaux déclarait (source france info 27/09/05) qu'il y aurait 55000 détenus dans les prisons françaises, dont 40% seraient condamnés pour des crimes et délits sexuels. Ce qui fait 22 000 personnes condamnées. Ce nombre est énorme. D'après un article du Monde (10 nov 2004) il y avait 1100 condamnés pour infractions sexuelles en 1980 (5% de la population carcérale), Perben estimait leur nombre à 22% de la population carcérale en 2004, leur nombre a augmenté de 105,6% entre 1995 et 2003. Le nombre des personnes incarcérées pour ce type de délit ne cesse d'augmenter. De l'autre on ne cesse de revendiquer la liberté totale de tout dire et tout montrer. On apprend concernant les 100 requêtes les plus demandées sur le moteur Voila que la liste présentée "a été expurgée des mots rattachés à la pornographie, qui arrivent en général dans le peloton de tête des requêtes. " Il faudra bien que notre société se pose un jour la question du lien entre la pornographie en liberté (de la plus soft à la plus monstrueuse) et l'augmentation du nombre de délits et crimes sexuels. Les juges et les avocats connaissent d'ailleurs ce lien puisqu'ils trouvent généralement chez les auteurs de ces délits un grand nombre de DVD ou cassettes pornographiques.
Pour en savoir plus sur le lien entre pornographie et violence aller sur : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=808. Extrait du site : "...Selon la moitié des délinquants sexuels interviewés, la pornographie a joué un rôle précis dans leurs crimes. Une étude californienne du même type révélait que 57 % des délinquants sexuels interrogés ont pratiqué sur leurs victimes des actes vus dans des films pornographiques. Enfin, en France, l'anthropologue Daniel Welzer-Lang (3) a tiré des conclusions similaires à la suite de son enquête auprès d'hommes accusés de viol...."
Publié par gregoirekueny à 17:10:09 dans Internet | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par gregoirekueny à 22:40:15 dans Films | Commentaires (0) | Permaliens
Tout d'abord un rappel de la loi.
"Article 227-24 du code pénal
(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)
Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.
Lorsque les infractions prévues au présent article sont soumises par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables." Donc le fait de diffuser ces images ou textes sans qu'aucun moyen ait été utilisé pour empêcher les mineurs d'y avoir accès est réprimé par l'article 227-24 du Code Pénal. J'évoquerai dans une autre contribution les solutions possibles, surtout du côté parental.
Publié par gregoirekueny à 18:21:16 dans Internet | Commentaires (0) | Permaliens
Claude Allègre, ancien ministre de l'éducation nationale fait un constat lucide sur l'école : "...Notre éducation nationale voit son niveau baisser chaque année alors qu'elle coûte de plus en plus cher. Les enquêtes internationales comparées, telle Pisa, nous classent à un rang médiocre quant aux performances, mais élevé quant au coût. Elle est devenue socialement injuste: le nombre d'enfants d'origine modeste entrant dans les très grandes écoles a diminué, alors que le nombre d'étudiants a été multiplié par sept. Notre éducation prépare mal à l'emploi, car l'offre de formation ne répond pas à la demande..." Ce que je ne cesse de montrer sur ce blog. Il rappelle la capacité de nuisance du principal syndicat. Je ne suis pas forcément d'accord sur toutes les solutions qu'il propose, mais je ne peux que souscrire à sa volonté de "réintroduire de la rigueur dans l'éducation nationale. On ne passe pas au collège si on ne sait pas lire couramment et écrire une lettre de dix lignes. On ne passe pas au lycée si, à la sortie du collège, on ne sait pas écrire un texte structuré de deux pages. C'est simple, et ce n'est pas pour autant une condition aujourd'hui remplie." En clair cela veut dire redoublement et examen de passage en sixième et seconde ou niveau exigé pour le passage.(Texte d'Allègre à http://www.lexpress.fr/idees/tribunes/dossier/allegre/dossier.asp?ida=434797)
Publié par gregoirekueny à 09:29:57 dans Réussir | Commentaires (0) | Permaliens
Selon Roland Goigoux *, nous aurions enfin trouver la ou les méthodes miracles, et je l'ignorais utilisées depuis trente ans. Les instituteurs de CP n'utiliseraient pas de méthodes syllabiques, mixtes ou globales mais des méthodes "intégratives". Selon l'auteur, elles auraient fait "la preuve de leur efficacité" et "viseraient à développer simultanément, et en interaction, toutes les compétences requises pour lire et écrire. "L'auteur propose de regrouper sous l'appellation "intégrative" des manuels comme Abracadalire, Crocolivre, Gafi, Ribambelle, etc. Il ajoute qu' "à l'entrée au collège aujourd'hui, les deux tiers des élèves, ceux qui décrocheront le baccalauréat huit ans plus tard, sont d'excellents lecteurs qui accèdent à une compréhension fine des textes, sachant lire l'implicite entre les lignes ; c'est un progrès significatif, même s'il reste insuffisant, que l'on doit à la rénovation de l'enseignement de la lecture, de la maternelle au CM 2."
Monsieur Goigoux doit avoir du mal à lire et ignore, ou fait semblant d'ignorer la réalité. Selon les chiffres du ministère concernant les tests d'entrée en sixième pour l'année 2004 :
"-item « maîtriser les outils de la langue pour lire » : 42,5 % n'ont pas acquis cette compétence
-item « maîtriser les outils de la langue pour écrire » : 53% n'y parviennent pas
-item « produire un texte » : 39,5% en sont incapables ! "
Les méthodes dites "intégratives" auraient-elles une quelconque responsabilité dans cet état de fait? De nombreux parents qui ne sont pas dupes réclament des méthodes syllabiques (Boscher, Léo et Léa ou autres) ou les achètent (Boscher en vend environ 80 000 par an). Mon expérience personnelle me montre tous les jours les lacunes des élèves en lecture.
Monsieur Goigoux ajoute que " les méthodes de lecture ont dû évoluer parce que les exigences de la scolarité primaire se sont accrues et qu'on ne se contente plus, comme il y a trente ans, de former une minorité de bons lecteurs, seuls capables de suivre une scolarité longue". Cet universitaire doit être bien loin des gens du peuple. Je rencontre de nombreuses personnes (artisans, employés, ouvriers...) qui maîtrisent la lecture et qui lisent. Certains ont même développé une analyse fine et réfléchissent fort judicieusement. Alors qu'aujourd'hui même les bons élèves ont des difficultés à analyser rigoureusement des textes et à penser de manière rationnelle.
Les faits, le bons sens et la prise de conscience des parents auront raison des théories fumeuses et des analyses déconnectées de la réalité.
* Roland GOIGOUX, professeur des Universités, Directeur d'un laboratoire de recherche sur l'enseignement a publié le 2 septembre dans LIBERATION un article intitulé "Global, syllabique ou autres, les méthodes d'apprentissage de la lecture ont fait la paix. La guerre des méthodes est finie"
Publié par gregoirekueny à 14:07:55 dans Lecture | Commentaires (0) | Permaliens